Premières descriptions

Les premières descriptions de Le Masson du Parc (1727) donnaient une barque de 6 à 7 mètres de long pour 1mètre 80 de large. A fond plat et sans quille, elle avait un aviron de queue en guise de gouvernail. Les bordés sont à clins, joints avec des chevilles de saule (gournables). Elles marchent à la rame ou grâce à une voile d'environ 16 mètres carrés sur un mât de 4 mètres 60. Ces petites embarcations étaient légères mais relativement solides.


L'évolution

La Pinasse que nous connaissons aujourd'hui est différente de celle décrite au début du siècle. Nombreuses modifications ont été apportées qui n'ont cependant pas altéré l'allure générale du bateau. (tableau de l'évolution)

Jusqu'au milieu du XIXe siècle il y aura peu de modifications. La plus importante sera l'apparition de la dérive sabre sûrement empruntée au sharpie des ostréiculteurs de la côte Est des Etats-Unis. La Pinasse est alors plus stable et donne un meilleur prés.

Avec l'apparition et évolution croissante de l'élevage des huîtres en parc, on changera légèrement les formes du bateau afin qu'il devienne plus porteur. Le bau s'élargit, le bordé s'ouvre à 120 degrés.
La taille et les bois employés changent. Du pin pour certaines pièces on passe au chêne (quille, étambot, étrave) et à l'acacia ployé pour les membrures. On utilise le clou (retourné) ou le rivet cuivre.
L'embarcation est munie d'un plat-bord par dehors sur pratiquement toute la longueur se qui solidifie la coque et protège des embruns.

A partir de 1870 environ et jusqu'à la motorisation, on dénombre trois catégories de pinasses :

La grande Pinasse de mer, dite de côte, de 12 à 14 mètres, armée de huit hommes et pratiquant
la senne (filet) sur la côte océane, la pinasse sardinière de 8 à 9 mètres et la Pinassotte de 7 à 8 mètres armée par un ou deux " Peschayeres " ne quittant jamais le bassin.
"Lo pinassot" lui serait au dessous de 7 mètres...


L'arrivée du moteur au début des années 1900 et surtout l'utilisation de la Pinasse pour la plaisance apporteront de nombreuses modifications. Le
rouf notamment changera radicalement l'aspect général sans enlaidir le bateau. Un tirant d'eau plus grand, souvent au dépend du fond plat, un talon de quille, une hélice fixe et des aménagements de confort tel que couchettes, cuisine et coin toilette. Laiton briqué et bois précieux vernis pour le coté chic.
Depuis quelques années le polyester est employé pour la coque, matériau qui demande moins d'entretien mais qui implique l'addition d'un
leste.


Les spécificités


Outre sa forme si singulière, la Pinasse à voile se caractérise par l'utilisation particulière de sa voilure (
voile au tiers de 25 à 35 m2 ).
Le mât avec un dispositif d'inclinaisons latérale et longitudinale est à rapprocher des techniques basques et galiciennes, mais est unique en son genre. Celui-ci est terminé par une tige en fer et repose sur un sabot de mât (le tosteï) à multiples
emplantures combinées de façon que l'inclinaison longitudinale vers l'arrière soit d'autant plus prononcée que l'inclinaison latérale est forte. Il est maintenu plus haut par le banc de mât " l'Etambrai ou Toste ", simple planche amovible, percée en son centre et fixé aux plat-bord par une paire de tolets de nage.
La manœuvre de virement de bord implique un démâtage afin de faire passer la voile par-dessous le pied de mât pour la hisser sous le vent grâce à la drisse qui sert aussi d'unique hauban. Cette manoeuvre est appelée " le gambeyage".
Pour le maintien des avirons, des tolets traversent la lisse extérieure et tombent hors de la coque.



En détail

Schéma d'une Pinasse à voile
Coupe d'une Pinasse



D'hier à aujourd'hui

La petite barque n'a cessé d'évoluer pour devenir " la " Pinasse aux élégantes courbes et aux étonnantes qualités nautiques. Le temps, tel un fabuleux designer, aura façonné cette fine silhouette afin que longtemps elle nous charme et jamais ne laisse le passant indifférent.

 

Les Chantiers

Sur le Bassin d'Arcachon plusieurs chantiers navals construisent encore des Pinasses :
à Arcachon : Chantier BONNIN - 05 56 83 05 14 et Chantier BOSSUET - ?
à La Teste de Buch : Chantier RABA - 05 56 54 65 11
à Gujan-Mestras : Chantier PRADERE - 05 56 66 22 12 et Chantier DUBOURDIEU - 05 56 66 00 55
à Lèges : Chantier SANCHEZ Michel - 06 09 91 01 17 - site Internet : http://www.michel-sanchez.com
à Lèges : CNL - 05 56 60 67 38
mais aussi à Capbreton, au Vieux-Boucau, à Uza et aujourd'hui même en Tunisie : http://www.wonder-boat.com
Longue vie à la Pinasse...
(si vous avez d'autres bonnes adresses ou remarques... )



Octobre 2006

Déjà 5 ans que ce site dédié à la Pinasse existe. A l'époque de sa création, pas grand-chose sur le web la concernant. Rares aussi les documents écrits. Aujourd'hui la Pinasse retrouve enfin la place qu'elle mérite dans la mémoire collective. Pour tout savoir sur La/Les Pinasses, ne cherchez plus ; Un document exceptionnel vient de paraître. Edité comme catalogue de l'exposition consacrée à La Pinasse à La Teste, il est sans doute le plus complet à ce jour. 60 pages de bonheur pour les amoureux du bateau emblématique du bassin. Bravo à tous les acteurs de ce merveilleux travail.

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